AGRI-EQ-110 : la prime CEE pour le séchage solaire par insufflation
Si vous cherchez à financer un séchoir solaire pour votre exploitation, un code revient systématiquement dans les échanges avec les mandataires et les fournisseurs d’énergie : AGRI-EQ-110. Ce sigle un peu austère désigne une fiche d’opération standardisée du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), celle qui encadre précisément le séchage solaire par insufflation d’air à l’aide de panneaux hybrides. C’est elle qui détermine si votre projet est éligible, combien vous pouvez toucher, et à quelles conditions techniques votre installation doit répondre.
Le problème, c’est que cette fiche est écrite dans un langage administratif dense, mêlant zones climatiques, kWh cumac et références normatives. Résultat : beaucoup d’agriculteurs passent à côté d’une prime qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, ou commettent une erreur de procédure qui annule tout le financement. Cet article décortique la fiche AGRI-EQ-110 point par point : son intitulé exact, les produits concernés, les critères techniques à respecter, la façon dont le montant se calcule, et surtout la règle d’or à ne jamais oublier. Nous verrons aussi pourquoi un capteur comme le THALEOS AIR-PVT595 coche l’intégralité des cases.
Ce que désigne exactement la fiche AGRI-EQ-110
Dans l’univers des CEE, chaque geste d’économie d’énergie éligible fait l’objet d’une « fiche d’opération standardisée ». Ces fiches sont regroupées par secteur : le préfixe AGRI correspond au monde agricole, EQ signifie qu’il s’agit d’un équipement, et le numéro 110 identifie l’opération précise.
L’intitulé officiel de la fiche AGRI-EQ-110 est le suivant : « séchage solaire par insufflation d’air de produits agricoles et forestiers avec panneaux hybrides ». Chaque mot compte, car il définit le périmètre du financement :
- Séchage solaire : la source d’énergie doit être le rayonnement solaire, capté sur site.
- Par insufflation d’air : le séchage se fait en soufflant de l’air chaud à travers le produit, et non par un fluide caloporteur ou un système à basse température passif.
- Produits agricoles et forestiers : le champ d’application couvre aussi bien le fourrage que les céréales, les plantes aromatiques ou les co-produits du bois.
- Panneaux hybrides : c’est le cœur technique. La fiche impose des capteurs photovoltaïques-thermiques (PVT), capables de produire à la fois de l’électricité et de la chaleur, et non de simples panneaux solaires classiques.
Comprendre cette dénomination, c’est déjà éliminer une bonne partie des malentendus. Un séchoir à granulés de bois, un panneau thermique à eau ou une installation photovoltaïque « nue » ne relèvent pas de cette fiche. Pour aller plus loin sur le fonctionnement global du dispositif, notre guide du séchage solaire agricole replace la fiche AGRI-EQ-110 dans son contexte.
Les produits agricoles et forestiers éligibles
La fiche a été pensée pour couvrir une large palette de productions, ce qui la rend pertinente pour des exploitations très différentes. Sont concernés :
- Le foin et le fourrage, pour les éleveurs qui veulent sécuriser une récolte de qualité et limiter la dépendance aux aléas météo.
- Les céréales : blé, orge, maïs, qu’il faut ramener à un taux d’humidité de stockage sans risquer l’échauffement du grain.
- Les oléagineux, dont la conservation exige un séchage maîtrisé.
- Les plantes aromatiques et médicinales (PPAM), une filière où la préservation des principes actifs dépend directement de la température de séchage.
- Les co-produits forestiers, comme les plaquettes ou les sous-produits du bois destinés à la valorisation énergétique ou matière.
Cette diversité explique pourquoi la fiche AGRI-EQ-110 intéresse aussi bien un éleveur laitier qu’un producteur de lavande ou une coopérative céréalière. Chaque filière a ses contraintes de température et de débit, mais toutes peuvent s’appuyer sur le même principe technique. Nous détaillons les cas particuliers dans nos guides dédiés au séchage du foin en grange, au séchage des PPAM et au séchage des céréales à la ferme.
Les conditions techniques imposées par la fiche
C’est ici que se joue l’éligibilité réelle de votre projet. La fiche AGRI-EQ-110 pose plusieurs exigences cumulatives : il ne suffit pas d’en respecter une ou deux, il faut les cocher toutes.
Des panneaux hybrides PVT certifiés
Le dispositif ne finance pas n’importe quel capteur. Il exige des panneaux hybrides photovoltaïques-thermiques (PVT), qui valorisent simultanément l’électricité et la chaleur du rayonnement solaire. Ces panneaux doivent être certifiés selon les normes de référence du secteur :
- IEC 61215 : performance et durabilité des modules photovoltaïques.
- IEC 61730 : sécurité électrique des modules.
- ISO 9806 : performance des capteurs solaires thermiques.
Sans ces certifications, le dossier ne peut pas aboutir. Elles garantissent que le capteur produit réellement l’énergie annoncée et qu’il résiste dans le temps.
Une productivité combinée d’au moins 500 W/m²
La fiche fixe un seuil de productivité combinée de 500 W/m². Ce chiffre additionne la production électrique et la production thermique du capteur rapportées à sa surface. C’est un garde-fou : il écarte les équipements peu performants et garantit que l’installation produira assez d’énergie pour sécher efficacement.
Une installation en bâtiment fermé, par un professionnel
Le séchage doit avoir lieu dans un bâtiment fermé (grange, hangar, séchoir), condition indispensable pour maîtriser le flux d’air chaud et éviter les déperditions. L’installation doit par ailleurs être réalisée par un professionnel, gage de conformité et de sécurité.
Deux configurations possibles
La fiche prévoit deux cas de figure, ce qui la rend adaptable au niveau d’équipement existant de l’exploitation :
- Système complet neuf : on installe l’ensemble de la chaîne de séchage par insufflation, avec un air soufflé généralement compris entre 25 et 40 °C. C’est le cas d’une exploitation qui part d’une grange nue.
- Toiture solaire sur système d’insufflation existant : si vous disposez déjà d’un système de ventilation/insufflation, on ajoute la couverture de capteurs PVT pour préchauffer l’air, avec des températures pouvant atteindre 60 à 80 °C.
Cette logique modulaire évite de « racheter » ce que l’exploitation possède déjà, tout en gardant l’accès à la prime.
Comment se calcule le montant de la prime
C’est la question que tout le monde se pose. La prime AGRI-EQ-110 n’est pas un forfait unique : elle se calcule en kWh cumac, l’unité de mesure des CEE. « Cumac » est la contraction de « cumulés » et « actualisés » : le chiffre représente les économies d’énergie générées sur toute la durée de vie de l’installation, ajustées d’un coefficient d’actualisation.
Le montant dépend de trois variables principales :
- La zone climatique (H1, H2 ou H3) où se situe l’exploitation. Plus la zone est ensoleillée, plus le gisement d’économies est valorisé.
- La puissance thermique installée, exprimée en kW, qui reflète la taille de l’installation.
- Les produits séchés, qui influent sur les coefficients de calcul.
Le volume de kWh cumac ainsi obtenu est ensuite multiplié par le prix du CEE sur le marché, généralement compris dans une fourchette de 5 à 8 €/MWh pour ce type d’opération.
Un exemple concret
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Zone climatique | H2 |
| Puissance thermique installée | 45 kW |
| Volume de CEE généré | ≈ 5 247 MWh cumac |
| Barème appliqué | 5 à 8 €/MWh |
| Prime estimée | 26 000 à 42 000 € |
Dans cet exemple, une installation de 45 kW en zone H2 génère environ 5 247 MWh cumac, ce qui, selon le prix du CEE au moment de la valorisation, aboutit à une prime comprise entre 26 000 et 42 000 €. La fourchette s’explique par la volatilité du prix du CEE, qui évolue comme un marché. C’est un ordre de grandeur représentatif, mais chaque projet doit faire l’objet d’un calcul personnalisé. Pour approfondir la logique de rentabilité, consultez notre analyse du retour sur investissement d’un séchage solaire.
Une durée de vie conventionnelle de 15 ans
La fiche AGRI-EQ-110 retient une durée de vie conventionnelle de 15 ans. Ce paramètre a un double intérêt. D’une part, il entre directement dans le calcul du volume de CEE : plus la durée de vie est longue, plus les économies cumulées sont importantes, et donc plus la prime est élevée. D’autre part, il traduit une réalité industrielle : ces installations sont conçues pour durer bien au-delà de l’amortissement de la prime, et continuent de produire de l’énergie gratuite pendant des années.
Concrètement, la prime vient couvrir une partie substantielle de l’investissement initial, tandis que les économies d’énergie (électricité autoconsommée, réduction ou suppression du séchage au gaz ou au fioul) se prolongent sur toute la durée de vie de l’équipement.
La règle d’or : le mandat CEE signé AVANT tout devis
C’est le point le plus important de tout l’article, et malheureusement celui qui piège le plus grand nombre de porteurs de projet. Le dispositif CEE repose sur un principe de rôle actif et incitatif : l’aide doit avoir déclenché la décision d’investir. Pour le prouver, l’administration exige une chronologie stricte.
Le mandat CEE doit être signé AVANT tout devis et toute commande.
Autrement dit :
- On signe d’abord le mandat CEE avec le mandataire.
- On établit ensuite le devis.
- On passe enfin la commande et on réalise les travaux.
Si vous signez un devis ou versez un acompte avant d’avoir formalisé le mandat, la prime est perdue, quelle que soit la qualité technique de votre installation. Aucune régularisation a posteriori n’est possible. C’est une erreur de procédure, pas de dossier, et elle est irréversible.
Cette règle est si structurante qu’elle mérite d’être répétée à chaque étape : rien ne doit précéder la signature du mandat. Nous consacrons un article entier aux erreurs à éviter dans un dossier AGRI-EQ-110, et un autre pour vous aider à bien choisir votre mandataire CEE.
Les pièces justificatives à réunir
Pour que le dossier soit validé, plusieurs éléments doivent être fournis, dans le bon ordre. Voici les principales pièces attendues :
- Le mandat CEE signé, daté avant toute autre pièce contractuelle.
- Le devis, établi après le mandat, mentionnant précisément l’équipement.
- La facture et la preuve de réalisation des travaux, indiquant les marques et références exactes des capteurs installés.
- Les certificats de conformité des panneaux (IEC 61215, IEC 61730, ISO 9806) attestant le respect du seuil de productivité.
- Les éléments permettant le calcul : zone climatique, puissance thermique installée, produits séchés.
La mention des marques et références sur la preuve de réalisation n’est pas un détail : elle permet au contrôleur de vérifier que l’équipement posé correspond bien à un capteur PVT certifié et conforme au seuil de 500 W/m². Un dossier incomplet ou incohérent sur ce point peut être rejeté.
Pourquoi le capteur THALEOS AIR-PVT595 coche toutes les cases
La théorie de la fiche prend tout son sens quand on la confronte à un équipement réel. Le capteur PVT à air THALEOS AIR-PVT595 a été conçu pour répondre point par point aux exigences de l’AGRI-EQ-110.
- Technologie hybride PVT : chaque panneau développe 1 402 W, soit 595 W d’électricité et 807 W de chaleur. C’est exactement le profil « photovoltaïque-thermique » exigé par la fiche.
- Productivité au-dessus du seuil : avec 543 W/m², le capteur dépasse le seuil réglementaire de 500 W/m². La marge n’est pas anecdotique : elle sécurise l’éligibilité même dans des conditions d’installation réelles.
- Certifications complètes : le capteur est certifié CE, IEC 61215, IEC 61730 et ISO 9806, c’est-à-dire précisément les normes citées par la fiche.
- Air chaud sans fluide : le système produit de l’air chaud entre 25 et 80 °C, ce qui couvre les deux configurations prévues (système complet neuf en 25–40 °C et toiture solaire sur insufflation existante en 60–80 °C), le tout sans fluide caloporteur, donc sans risque de fuite ni entretien de circuit.
Au-delà du capteur, THALEOS propose une solution clé en main qui couvre l’ensemble de la chaîne de séchage : capteur PVT, ventilateur haute température (jusqu’à 80 °C, 45 000 m³/h), volet d’extraction réglable, chambre de compression, claies et tiroirs perforés, onduleur, contrôleur de température et d’humidité pilotable en Wi-Fi, et sondes de température et d’hygrométrie. Cette intégration complète facilite la constitution du dossier, puisque l’ensemble est conçu pour être conforme et documenté.
Sur le terrain, ce dispositif permet un séchage 30 à 70 % plus rapide que la ventilation à air ambiant, un gain qui se traduit directement en qualité de produit et en capacité de traitement. Pour comprendre en détail le fonctionnement de ces capteurs, consultez notre article sur le capteur PVT à air pour le séchage, et pour bien calibrer vos réglages, notre guide des températures de séchage des produits agricoles.
Questions fréquentes
Puis-je cumuler la prime AGRI-EQ-110 avec d’autres aides ?
La prime CEE relève d’un dispositif distinct des subventions publiques classiques. Dans de nombreux cas, elle peut se combiner avec d’autres aides agricoles ou régionales, sous réserve des règles propres à chaque financeur. Le point de vigilance reste toujours le même : la chronologie. Le mandat CEE doit être signé avant tout engagement, ce qui n’empêche pas d’instruire en parallèle d’autres demandes. Un mandataire spécialisé vous aidera à articuler les dispositifs sans compromettre l’éligibilité.
Ma grange existante peut-elle être équipée sans tout reconstruire ?
Oui, c’est précisément l’objet de la deuxième configuration prévue par la fiche. Si vous disposez déjà d’un système d’insufflation ou de ventilation, l’ajout d’une toiture solaire PVT permet de préchauffer l’air soufflé (jusqu’à 60–80 °C) sans remplacer l’ensemble de l’installation. Cette approche modulaire réduit l’investissement tout en conservant l’accès à la prime.
Comment être sûr que mon capteur respecte le seuil de 500 W/m² ?
Le seuil de productivité combinée doit être attesté par les certifications du fabricant (IEC 61215, IEC 61730, ISO 9806) et par la fiche technique du produit. Un capteur comme le THALEOS AIR-PVT595, à 543 W/m², dépasse le seuil avec une marge confortable. Exigez toujours la documentation technique et les certificats : ce sont ces pièces qui feront foi lors du contrôle du dossier.
Que se passe-t-il si je signe le devis avant le mandat ?
La prime est définitivement perdue. Le dispositif CEE impose que l’aide ait un rôle incitatif, ce qui suppose qu’aucun engagement contractuel (devis signé, bon de commande, acompte) n’ait précédé le mandat. Il n’existe aucune procédure de rattrapage. C’est la raison pour laquelle nous insistons autant : signez le mandat en premier, systématiquement.
En résumé : une prime accessible à condition de respecter les règles
La fiche AGRI-EQ-110 ouvre l’accès à un financement conséquent — de l’ordre de 26 000 à 42 000 € — pour équiper votre exploitation d’un séchage solaire par insufflation. Ses exigences sont claires : des panneaux hybrides PVT certifiés, une productivité combinée d’au moins 500 W/m², une installation en bâtiment fermé réalisée par un professionnel, et un dossier documenté jusqu’aux marques et références. Un capteur comme le THALEOS AIR-PVT595, à 543 W/m² et pleinement certifié, répond à chacun de ces critères.
Mais la meilleure installation du monde ne donnera droit à aucune prime si la procédure n’est pas respectée. Rappelez-vous la règle d’or : le mandat CEE se signe avant tout devis et toute commande. C’est le point de départ de tout projet réussi.
Pour connaître les montants actualisés, consultez notre point sur les aides CEE au séchage agricole en 2026. Et si vous voulez savoir combien votre exploitation peut précisément obtenir, contactez notre équipe : nous étudions votre projet, calculons votre prime et vous accompagnons de la signature du mandat jusqu’à la mise en service — dans le bon ordre, du premier au dernier document.
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